Le soleil brille, brille, brille quand j’entends Daniela qui s’extirpe de mon “couch”. On est samedi et j’ai bien senti que mon invitée est allergique aux touristes. Et si je l’emmenais faire une mini-ballade Tram + Art Nouveau + Châtelain ? Je traine donc ma Suissesse jusqu’au Tram 81 et nous descendons rue Janson, à la découverte des petits bijoux qui y nichent. Je prends mentalement des notes… Daniela ne le sais pas, mais elle est un peu mon cobaye car même si je connais un peu le quartier, c’est la première fois que j’y joue au guide. Nous finissions par atterrir chez les Petits Riens, comme ça, juste pour le fun. Et même si Daniela a un côté garçon manqué, la voir se jeter sur les chemisiers la trahit!
L’heure du déjeuner nous attire vers la place Flagey. C’est samedi, jour de marché autour des étangs d’Ixelles et devant Frit-Flagey, il va falloir faire preuve de patience au vu de la file. J’assure Daniela que l’attente en vaut la frite et lui explique comment procéder avec le “Fries Nazi”, qui fait tout l folklore de l’endroit.
1. Le genre de frites (et ses déclinaisons) d’abords, tu demanderas
2. La viande, éventuellement tu commanderas
3. La sauce, seulement quand on te le dit, tu requéreras
Un délice! Un petit tour en bus nous emmène vers le Parc royal. Ça faisait si longtemps que j’en avait oublié à quel point j’aimais le jeux du soleil sur les feuilles. Je flânerai bien à loisir mais Daniela a rendez-vous au Beursschouwburg avec une horde venue du froid. Le mini-festival Atlantic Sounsdcape vise à faire découvrir l’art et la culture des îles Féroé mais alors pourquoi le diner et les expos sont sur seules invitations? Je n’en ai pas et nous convenons de nous retrouvez à 20 heures pour le concert.
Je regarde autour de moi…. beaucoup de personne dans le public sont des invités. Daniela m’informe que la plupart sont des insulaires. Je ne suis pas loin de m’imaginer qu’ils ont affréter tout un avion pour pouvoir tous venir. Je les regarde… les garçons ont soit le physique du lutin, soit celui du viking, quand aux filles, elles ont l’air de petites fées. Le Beurs est plongé dans le noir et un grand blond elfique apparait nimbé d’orange. Ça commence bien!
Après cinq minutes de Budam, je me dis qu’il doit y avoir quelque chose dans les vents qui battent ces cailloux atlantiques car tout comme leurs cousins islandais, les Féroéiens ont l’air d’être une sacré bande d’originaux! Et si j’avais besoin d’une confirmation, Orca est là. En guise d’instrument, des objets typiquement de là-bas : un poteau d’enclos pour moutons, un baril de pétrole, une scie, des planches de bois… Et un chanteur qui a de gueule et dont la langue m’est strictement incompréhensible. Les bidons claquent, les scies vrillent… sans doute l’expérience la plus authentique de la soirée!
Gestir me rammène en terrain familier! Bien que chanté en féringien, les mélodies sont bien anglo-saxonnes… Je peux même dire que le chanteur doit être un gros fan de Jeff Buckley!
Enfin, Boys in a Band, groupe au look soigné, exubérant, loufoque et sautillant (toutes les peines du monde pour les photographier correctement) va finir par mettre le feu à la salle.
Après le concert, je surprend une Daniela tout sourire et les yeux plein d’étoiles, en grande conversation avec le chanteur d’Orca. Hmmm… il y aurait donc bien un garçon.
Tags: none